Les nouveaux prédateurs du krill d'Antarctique

L’avenir des fermes d’aquaculture ?

La population humaine est actuellement d’un peu plus de 7 milliards d’habitants. Nos besoins en nourriture sont gargantuesques. L’une des solutions en vogue est l’aquaculture. En 1990, l’élevage de poissons et de crustacés représentait 17 millions de tonnes dans le monde. En 2010, cette même production s’élevait à 80 millions de tonnes*.

On distingue de chaque côté de l'image les cages des fermes d'élevage de saumon, ici entre les îles de l'ouest de la Norvège © Google Earth

 

Parmi les pays qui ont fortement misé sur cette industrie en pleine expansion, il y a la Norvège. En quelques années, le pays nordique a fait du saumon l’une de ses plus importantes ressources. En 1990, le pays élevait 150 000 tonnes de poisson. En 2010, la production a été multipliée presque par 10, pour atteindre un million de tonnes* ! A elle seule, la Norvège représente 40% de la production d’aquaculture du continent européen… Discrètement, en quelques années, elle est aussi devenue le plus grand pêcheur de krill d’Antarctique.

 

Actuellement, le krill ne constitue pas l’alimentation principale des fermes d’aquaculture. Mais il est un précieux complément alimentaire, contenant une substance naturelle appelée Astaxanthin, qui permet de donner aux saumons une couleur rose éclatante. Avec sa biomasse importante et ses très grandes qualités nutritives, il y a fort à parier que le krill risque un jour de passer du statut de complément à celui d’aliment principal.

 

Ce n’est pas encore le cas car jusqu’à récemment les pêcheurs faisaient face à un problème technique : le petit crustacé possède une carapace très fine rendant l’animal particulièrement fragile. Piégé en grandes quantités dans le fond des énormes chaluts, le krill ne survivait pas aux compressions. L’animal mort, des enzymes situées dans son tube digestif détérioraient rapidement la chair avant que l’immense filet ne soit sorti de l’eau.

 

Le système de pompage en continu du krill permet de récupérer le krill vivant, et de garder le chalut à l'eau © Aker BioMarine

 

La solution technique à ce problème est mise au point entre 2005 et 2007 en Norvège. Elle consiste à rajouter dans le fond du filet un grand tube aspirant le krill au fur et à mesure qu’il est pris dans le chalut pour le ramener directement à bord des navires de pêche. Cet ingénieux système de pompage continu permet non seulement de traiter les petits crustacés vivants avant que leur chair ne soit endommagée mais aussi de gagner un temps considérable puisque le chalut peut rester immergé.

 

Dans le milieu du krill, c’est une révolution qui améliore la rentabilité, mais qui ne représente pas que des avantages : « Contrairement à l’ancienne méthode du chalut qui permettait de peser les quantités de krill pêchées, le pompage continu laisse une grande marge d’incertitude, explique Rodolfo Werner. A l’heure actuelle, nous avons des limites de capture fixées par la CCAMLR, et des quantités de pêche déclarées régulièrement par les bateaux de pêche. Mais il n’existe aucune méthode précise de pesée. Chaque bateau est libre de faire comme il l’entend… Pour ceux qui sont équipés du pompage continu, personne ne sait vraiment comment ils font pour estimer le poids des quantités capturées. C’est un peu un mystère… ».

* Source FAO

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