Pearls of the Gulf © Francis Le Guen / OCEAN71 Magazine

Le fabuleux trésor du golfe persique

La plus ancienne perle du monde ?

Les perles font partie de notre histoire. Elles sont présentes dans les écrits ainsi que dans les légendes orales. On croyait jusqu’à présent que leur collecte remontait à 2700 ans, grâce aux traces retrouvées sur des sculptures et des pièces de monnaie. Le plus ancien collier connu à ce jour est celui de Suse. Il est constitué de trois rangs de 72 perles chacun, provient du tombeau d’une reine de la Perse Achéménide et date d’environ 2’400 ans. Mais la découverte récente d’une perle sur un site néolithique dans l’Emirat de Umm al Quwain, fait remonter son origine à 5’500 ans avant notre ère. C’est la plus vieille perle jamais retrouvée jusqu’à présent.

Les perles ont fait la richesse du Golfe persique depuis plusieurs milliers d'années © Francis Le Guen / OCEAN71 Magazine

Les bancs d’huîtres perlières du Golfe Persique sont indiscutablement les plus anciens et les plus importants jamais connus. Les conditions sont idéales pour la pêche: eaux peu profondes, chaudes, avec des sources d’eau douce en pleine mer. Ici prolifèrent deux espèces d’huîtres perlières, la Pinctada margaritifera et la Pinctada radiata, plus petite que la première mais plus facile à pêcher et de meilleure qualité.

Depuis la fin de l’âge de pierre, il y a plus de 7’000 ans, la vie dans la région a donc gravité autour de la perle. Ptolémée, un chroniqueur de la période hellénistique,  relate l’existence de pêcheries de perles à Tylos au Bahrein. Bien avant déjà,  l’épopée du mésopotamien Gilgamesh raconte comment il plongeait dans les profondeurs de la mer avec des poids attachés aux pieds pour aller ramasser les «fleurs de l’immortalité». Plus tard, Pline l’Ancien écrira dans son Historia Naturalis que les perles étaient les denrées les plus chères de tout l’Empire romain et que celles du Golfe étaient les plus appréciées. Divine perle? La Bible définit le Paradis comme une «perle de grand prix» et le Coran évoque la présence de perles dans les cieux…

On connait plus de soixante-dix variétés d’huîtres perlières, pour la plupart de la famille des pinctadines. Certaines huîtres sont réputées pour leurs perles, d’autres pour leurs coquilles. Comme la plupart des mollusques bivalves, la Pinctada margaritifera est un filtreur suspensivore : elle consomme le phytoplancton (micro-algues, cyanobactéries) et les particules en suspension dans l’eau. La nourriture est retenue par les cils des branchies, enrobée de mucus, et digérée dans l’estomac grâce à un stylet broyeur. L’huître a aussi la capacité d’absorber directement des substances organiques dissoutes, au niveau des branchies.

Une huitre perlière dans un récif le long de la côte d'Oman © Francis Le Guen / OCEAN71 MagazineL’huître se fixe, à l’aide de son byssus, (un réseau de filaments très résistants), sur les roches coralliennes mortes, les coquilles de mollusques. On la rencontre depuis la zone de balancement des marées et jusqu’à une centaine de mètres de profondeur. L’activité de cette nacre est optimale entre 20 et 30 mètres. D’un diamètre d’environ 15 à 20 cm, la coquille est épaisse, le poids d’une huître pouvant atteindre 3 kg.

C’est le manteau de l’huître, grâce aux cellules épithéliales qu’il renferme, qui va sécréter la nacre constituant la perle. Lorsqu’un grain de sable pénètre accidentellement à l’intérieur des tissus de l’huître, il entraîne un phénomène de défense qui provoque la sécrétion de matière perlière dans un sac perlier dont les parois internes sont tapissées de cellules épithéliales. Au bout de plusieurs mois, une perle est née. Composée de 90 % d’aragonite (carbonate de calcium), de 5 à 6 % de conchyoline (matière organique qui sert de lien), d’eau et de divers sels minéraux.

Les perles ont un diamètre compris entre 8 et 16 mm et leurs formes sont très variables: rondes, cerclées, semi-rondes, en poires, baroques… Outre la taille, la forme, la couleur et l’état de sa surface, deux adjectifs déterminent la qualité d’une perle : le lustre et l’orient. Le lustre est dû à la réflexion de la lumière sur la surface de la perle et l’orient à la diffraction des rayons lumineux sur la surface opaque de la perle, qui donnent une irisation caractéristique. Je vais avoir l’occasion de l’apprécier, à Dubaï, notre prochaine étape.

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