Le dédale du Bassin d'Arcachon

Galerie

Visites virtuelles d’un danger bien réel (avril 2014)

Tous les marins le savent, les passes d’entrée du Bassin d’Arcachon sont dangereuses. Les meilleurs navigateurs considèrent d’ailleurs l’endroit comme l’une des zones de navigation les plus complexes d’Europe.

La raison est simple : les bancs de sables qui barrent l’entrée du Bassin se déplacent au gré des tempêtes et des forts courants de marée. La cartographie précise de ces obstacles mobiles est donc presque impossible à tenir actualisée. Peu importe la précision du GPS (aussi récent soit-il), le problème vient de la carte qui n’est presque jamais à jour.

A certaines heures de la marée et lors de mauvaises conditions météo, la mer se met à déferler en venant heurter ces murs de sable. La zone se transforme alors en véritable piège à bateaux.

A tel point que même lors de conditions idéales nombre de navigateurs refusent de s’aventurer dans ce labyrinthe de peur de se faire surprendre par une mauvaise vague. Résultat, alors que le Bassin est l’unique abris entre Royan et Bayonne (145 milles nautiques de plage), la majorité des voiliers en transit passent au large sans s’arrêter.

L’équipe d’OCEAN71 Magazine a donc eu l’idée de mettre une partie de son équipement technique maritime au service de ses abonnés, afin de pouvoir visualiser le positionnement de certains bancs de sable dans les passes.

Attention, il ne s’agit que d’une aide à la navigation. En aucun cas, ces visites virtuelles ne doivent être utilisées comme des cartes. Mais, étant donnée l’imprécision de certains documents de navigation à disposition des marins, nous avons pensé qu’une aide supplémentaire pouvait être un complément intéressant.

Carte

Viste 1 Visite 2 Viste 3 Visite 4 Visite 5

Cliquez sur les points rouges pour accéder à la visite virtuelle correspondante. Une fois dans la visite, déplacez vous avec votre souris en cliquant et déplaçant votre curseur. Avec un smartphone ou une tablette, déplacez-vous avec le doigt ou en tournant l’appareil. Bienvenu dans la réalité virtuelle.

Nous avons réalisé ces panoramiques le vendredi 18 avril 2014, entre 13h45 et 15h15 (basse mer à 14h16 au Cap Ferret, de coefficient 93).

Ce choix n’est pas le fruit du hasard. Petite explication. D’abord, le coefficient de marée du vendredi 18 avril était de 93 sur une échelle de 20 à 120. Pour les non-initiés, 20 est le plus petit coefficient de marée, correspondant à une très faible variation de hauteur d’eau entre la marée basse et la marée haute (ce qui est appelé un « faible marnage »). A l’inverse, lorsque les coefficients se rapprochent de 120, la variation devient très importante. Par voie de conséquence, à marée basse de gros coefficients, les bancs de sable qui sont d’habitude recouverts par la mer deviennent visibles. Exactement, ce que nous souhaitions.

Après analyse de nos images, il est intéressant de noter que la «passe Sud» (qui se situe entre la dune du Pyla et le banc d’Arguin) est très clairement en train de se fermer. Pour la «passe Ouest» (la seule réellement ouverte et balisée par des bouées), il semblerait qu’elle se déplace lentement vers le Sud. Finalement, au nord du banc du Toulinguet, il semblerait qu’une ancienne «passe Nord» soit en train de se réouvrir. Il sera intéressant de surveiller son évolution en 2015.

En attendant, nous vous souhaitons à toutes et à tous de très bonnes navigations. Mais surtout, soyez vigilents et prudents.

L’équipe d’OCEAN71 Magazine


Autres dossiers

  • Peur sur le bassin d’Arcachon

    Écologie, Économie4 chapitres

    Chaque été, la consommation des huîtres est menacée par l’apparition d’une micro-algue, révélée par des tests biologiques et chimiques. Des analyses que les ostréiculteurs remettent en question, car la micro-algue cacherait en réalité des problèmes de pollutions bien plus grave. Révélations.






  • Galerie Les ruines de Jazira Al Hamra © Philippe Henry / OCEAN71 Magazine

    Le mystérieux village de l’île rouge

    Culture, Économie1 chapitre

    Les Emirats Arabes Unis sont réputés pour leur démesure immobilière, leur exubérance et leur puissance financière liée au pétrole. Les émirs s’emploient même à faire disparaître toute trace de leur passé de tribus nomades pauvres. Nous avons retrouvé au bord de la mer un village de pêcheur abandonné témoignant de ce passé. Il serait hanté.






  • L’énigme des îles Samoa

    Écologie4 chapitres

    Les coraux seraient menacés par le réchauffement climatique. Certains scientifiques avancent la prédiction terrifiante qu’ils auront tous disparu d’ici à 2050. Un mystère persiste toutefois : comment expliquer que certains coraux des îles Samoa américaines résistent à des températures considérées comme mortelles pour l’immense majorité des récifs coralliens ? Enquête au pays de tous les superlatifs.