Chers amis, chers lecteurs,
J’ai une petite question à vous poser. Vous devez sans doute être au courant de ce qui se passe avec le thon rouge en ce moment dans la zone de Malte, entre Greenpeace et les pêcheurs. Une guerre semble se dérouler sur l’eau. Nous sommes les seuls journalistes de France à avoir pu obtenir une interview du commandant Généreux Avallone avec qui Greenpeace s’est accroché en mer vendredi… L’interview (qui a été réalisée à Malte 48 heures avant l’accrochage) est, il me semble, très intéressante parce qu’elle apporte une autre vision des choses, d’autres arguments. Je ne suis pas pro-pêcheurs (je n’ai aucun intérêt en dehors d’essayer de vous raconter l’histoire de cette industrie), mais il me semble intéressant d’avoir les deux versions, non ? J’ai subitement un doute. Est-ce que ça intéresse quelqu’un de lire la version des pêcheurs, ou est-ce que les explications de Greenpeace vous suffisent ? Suis-je complètement à côté de la plaque ? Tenez-moi au courant, parce qu’en tout cas, ça n’a pas intéressé Paris Match. Sorry guys… mais là, ça me semble trop important d’un point de vue journalistique.
Julien Pfyffer / Océan 71










Julien: Match est un magazine dont on regarde les photos en lisant les sous titres…
A votre place, je tenterais plutôt une publication chez Challenges, Valeurs Actuelles, Capital,…plus orientés économie/écologie qu’un magazine grand public à tendance « démago » – moutonnière, destiné à un large public ne souhaitant entendre des points de vue maintes fois, assénés… DH
Cher Julien,
Interview très intéressante, et rassure-toi, ta démarche journalistique d’écouter et de rendre compte des points de vue de chacuns des protagonistes de l’affaire est forcément pertinente. Le sujet est vaste, tu poses des jalons, et m’est avis que l’histoire estampillée « Paris Match » arrivera tôt ou tard.
Continue !
je te confirme qu’il est très intéressant d’avoir une interview d’un patron pêcheur afin d’avoir son point de vue sur la situation de la pêche au thon.
cela donne effectivement une autre vision des choses et étant donné qu’il est directement concerné, je pense que non seulement intéressant, mais tout simplement logique, normal, d’avoir son point de vue.
cependant je ne suis pas d’accord avec toi quand tu dis que ses arguments sont « très convaincants ». Je m’explique:
à la différence des ONG, qui se basent sur des rapports scientifiques indépendants (les scientifiques n’ont aucun intérêt à dire qu’il ne reste plus de thon, ou au contraire qu’il y en a encore plein) pour dénoncer la pêche industrielle du thon rouge, les pêcheurs disent « nous on sait qu’il reste encore plein de thon parce qu’on les voit ». Mais ce n’est pas un argument objectif et tout simplement pas valable. Ce n’est pas parce que vous voyez un banc de thon que ça signifie qu’il en reste encore suffisamment pour que l’espèce soit pérenne. On ne peut pas se baser uniquement sur des données empiriques, qui ne sont pas complète. Un banc de thon ne suffit à assurer la survie de l’espèce.
Aujourd’hui les ONG de défense de l’environnement on radicalisé leur position et demande un moratoire afin de ne plus pêcher du tout de thon rouge parce que lorsqu’elle demandait de simples baisses (et respects) de quotas, elles n’étaient pas écoutées. Je pense que les choses auraient pu être plus simple s’il avait existé un dialogue entre les différentes parties concernées (pêcheurs, scientifiques, ONG, gouvernement) , mais force est de constater que les pêcheurs ont toujours refusé d’écouter les autres parties concernées. Forcement au bout d’un moment ça coince…. et ça leur revient en pleine poire!!!
oui, felicitations pour apporter toutes ces infos DE PREMIERE SOURCE concernant un patron-pecheur de thonier-senneur. Ceci nous permet de comparer les versions des ecolos, des pecheurs, des journalistes, … et de nous faire notre propre opinion.
Julien, si tu pouvais interviewer d autres armateurs de thoniers, des patrons de fermes d engraissement, en leur demandant des faits precis, dates, quantifies, localisations, ce serait tres utile pour tous ceux interesses a la problematique « thons rouges ».
Aussi, une piste d enquete: va voir quelque uns parmi les dizaines de matelots embarques a bord des thoniers-senneurs francais en Mediterranee et qui ont ete maltraites durant ces 20 dernieres annes: pas de fiche de salaire, pas d inscription au role d equipage, pas de validation de leur carnet maritime.
Merci pour les commentaires de tous. Je comprends ton explication Guitoo.
Je rejoins complètement l’argument de guitoo…
Un dialogue était possible, les ong et les scientifiques ont toujours été ouverts a la discussion.
Les ONG ne sont pas contre ou anti-pêcheurs, ils essayent de défendre la pêche à la long terme, pour que nos enfants puissent manger du poisson plus tard…
La morue est elle revenue en terre neuve ?? Non !
La pêche y a été arrêtée trop tard.
Donnons nous la main et avançons ensemble, pas les uns contre les autres…
Pensons collectif, et intérêt général.
Noté Manutopiste. Merci pour le commentaire.
Bonjour,
Après avoir entendu et lu à peu près tout et n’importe quoi sur le thon rouge, y compris chez de respectables confrères, je trouve vos sujets très informatifs et objectifs. Donner un espace d’expression aux pêcheurs professionnels qui ont la vie dure et les épaules larges en ce moment est rare et courageux.
Merci et longue vie au blog OCEAN 71 et à ses animateurs.
Quant au thon, l’Histoire jugera, mais il est à craindre que les pêcheurs non européens augmentent dans les prochaines années leur effort de pêche. L’Europe continuera à acheter ce thon à ces pays « émergents » pour alimenter ses marchés, quitte à leur accorder des accords douaniers préférentiels (accords avec laTurquie, accord ACP avec les pays en voie de développement…
Comme pour l’Agriculture, ou certaines activités industrielles trop polluantes et pas « politiquement correct », la pêche n’est plus considérée comme une activité assez noble pour être effectuée par des européens « civilisés ». Donc nous interdisons pour nos pêcheurs, en incitant les autres pays à faire à notre place, et en se reservant à une activité de négoce. Voyez les résultats désastreux des accords de pêche Europe -ACP sur certains pays africains (Mauritanie par exemple) et sur leurs stocks de pêche.
Il y a fort à parier que les décisions qui sont prises aujourd’hui en Europe ne déplace en réalité le problème. Le thon est un migrateur et ne se limite pas à tourner en ronds dans les eaux sous juridiction communautaire. D’autres peuvent le pêcher à notre place, et avec (hélas) des moyens bien plus imposants et beaucoup moins de scrupules…
Merci mille fois pour le commentaire, Bruno. Toute l’équipe d’Océan 71 vous remercie.